mardi 11 novembre 2008

Goulûment

Où l'antre s'ouvre alors,
et l'on découvre les trésors
reluisants qui attendent qu'on les saississe.

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jeudi 23 octobre 2008

Toujours rue Dien Bien Phu #3

De la terre jusqu'au ciel,
pavé après pavé,
à cloche ou
à deux pieds,
sans ce soucier du reste...

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dimanche 19 octobre 2008

Ben Nghe forever

Pont, de nouveau.
Pont de fer qui enjambe l'arroyo qui, autrefois, voyait tous les bateliers chinois approvisionner Cho Lon.

Pont rouillé maintenant, qui vibre au rythme incessant du passage des vélos - à pédales ou à moteur - et sur lequel on se pose toujours pour que le monde se voit passer.

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samedi 18 octobre 2008

Mettre l'heure en scene

Soirée d'échanges théâtraux chez A. ce soir. On goûte à l'ivresse des textes vite lus, en italiennes improvisées, pour en extraire nos impressions.
C'est un jeu de rôles peut-être trop préparé, parce qu'à la lecture il est difficile de se faire une plus large idée.

Qu'importe, l'intérêt est dans l'échange, la contestation, l'appariement.
Accessoirement, on en viendra peut être à choisir une pièce en kit, a monter soi-même, avec deux ou trois bouts de ficelle.

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vendredi 17 octobre 2008

Gimme Gimme Gimme Banh Mi

Ça ne mange pas de pain, de faire une photo à la ABBA, sans même s'en rendre compte.

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mercredi 15 octobre 2008

Toujours rue Dien Bien Phu #2

On a beau engager la conversation sur un ton badin, passant rapidement sur le fait que l'on n'est pas d'ici, manifestement, mais que l'on comprend tout de même un peu ce qui se dit,
et invariablement le discours se fait un peu coquin. On est entre hommes, après tout, et si évoquer la quéquette n'est pas le fait de personnes bien nées, ce n'est pas notre problème.
Alors on échange quelques grivoiseries, parce qu'il faut bien vivre, aussi, et, accessoirement, on saisit l'instant d'une photo souriante.

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dimanche 12 octobre 2008

Toujours rue Dien Bien Phu #1

- Vas-y ! Allez, la ! il veut que tu le prennes ! Allez !
Il est certainement aussi surpris que moi. On l'encourage de plus belle.
- Allez ! Une photo !
Il se découvre vite.
On en fait autant.


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samedi 11 octobre 2008

Le soleil donne

Apercevoir, au détour du chemin des swastikas, rappelle toujours l'emploi équivoque de ce signe religieux. La, façonné en brique d'aération, il doit donner à la brise un air découpé en quatre vents. Est-ce que, seulement, le bâtiment est occupé ?

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vendredi 10 octobre 2008

Double V

La rue Dien Bien Phu est à Saigon une rue où l'histoire est allée trop vite. C'est l'entrée depuis la route d'Hanoi, celle qui commence au sortir du pont qui sépare les terres du haut et celles que la ville a dressées tout autour.
Tout se jette dans cette grosse artère, si large qu'elle saigne jusqu'aux quartiers centraux. Et tout y passe, des immenses camions aux bus complets, et, bien sûr, cet essaim incessant de motos vibrionnantes.
A côté, puisqu'on a fait large, un trottoir de briques mal enchâssées, où se marre quelque pylône.

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dimanche 5 octobre 2008

Caterpillar

Au 54 rue Dien Bien Phu, on répare encore les chenilles.
Je ne connais pas l'empattement : Américain ?, Coréen ?, Japonais ?, Chinois ?...

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jeudi 2 octobre 2008

Cthoniennes averses

Un pan de ville vient de s'effondrer. Il était là, c'était une ligne de plus dans l'horizon déjà encombré de Saigon, mais on pouvait toujours distinguer cette silhouette au deuxième - ou troisième - plan.

Mais là, plus rien, seulement un champ de décombres, que les enfants du coin ont vite fait de conquérir. Le terrain, vague maintenant, longe un canal. deux ou trois arbres ont daigné étendre leurs racines, et rien ne leur fait pour l'instant ombrage.

Au crépuscule, comme tous les jours à six heures pétantes, le vent est tombé, les éclairs illuminent le ciel bouché, le sol réclame une fois de plus sa sauce. La pluie arrive.

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lundi 29 septembre 2008

Trois couleurs

Du jaune et du brun, mais du jaune surtout.

Du bleu et du blanc, mais le blanc ne compte pas.

De l'ocre et du noir, encore, et l'ocre, surtout.

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samedi 27 septembre 2008

Sous le pont, mire l'eau

Transposer l'onde si lasse d'Apollinaire au cours d'eau fangeux qui serpente entre les maisons de Saigon, voilà un raccourci intempérant ! Et pourtant, voila bien une eau lassée de ses scories, une eau molle et épaisse qui roule sur elle-même en vagues tourbillons, et qui ne sait plus où se jeter. S'y reflètent aussi les silhouettes de passage, les hommes qui ne daignent plus regarder au-delà du pont, qui n'ont pas de ces chagrins qui leur ont fait dire un jour que les jours s'en vont mais qu'eux demeurent.

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jeudi 25 septembre 2008

Plastic bag fish

Chat, clown, coffre, épée, globe, lune, rouge, scie, pilote, plat ou bien volant, le poisson saura toujours se vendre au coin d'une rue, à coup d'œillades remarquées et racoleuses. Il ne craint rien, noyé dans son élément.

Il ondoie, il virevolte, mi-gracile, mi-nonchalant. Et il se fiche bien d'appâter le client.

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samedi 20 septembre 2008

Va et viens !

Rivées à leur guidon, les femmes passent régulièrement d'un bord à l'autre, dans un sens puis dans l'autre, convoyant dans leurs paniers toutes sortes de choses, bonnes ou mauvaises, à manger ou à boire.
Riveté, le pont qui les supporte voit passer aussi les trains, dans un sens et dans l'autre, mais seulement lorsque le drapeau est levé. Alors, guidon en main, les femmes attendent sur la rive que cesse de vibrer la chaussée étroite et métallique, pour traverser encore.

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lundi 15 septembre 2008

Que d'esprit

C'est que ça mouline, la dedans.
Qu'il est tout a fait vrai de dire que le ventilo aère l'air.
Qu' il a bien fallu un jour que quelqu'un souffle le premier vent, et que de brise en brise, de rafale en rafale, on hume l'air du temps.

Nb : plus tard, un travail sur les ventilos de Saigon pas piqué des hannetons, quand j'en aurai capturé assez...

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samedi 13 septembre 2008

Embrayage

Et l'on reprend les circonvolutions, urbis et orbis, pour ne jamais épuiser les possibilités de pertes et retrouvailles.
Et l'on s'étonne d'entendre parfois d'autres que soi se dire que l'on a fait le tour.
Et faire le tour, qu'est-ce, si ce n'est poursuivre une trajectoire en boucle, avec pour perspective de redécouvrir toujours et tous les jours ces chemins, ces rues, ces maisons, cette carte mentale que la ville s'amuse à modifier en permanence.
L'on y retourne ?

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lundi 1 septembre 2008

Toi nay, khong o nha

Voila ce qui arrive lorsqu'une photo s'impose. On se prend au jeu, sur un coin de lit, pour représenter sur quatre côtés un petit bout d'univers. Celui-là est contenu dans un sac, sac ouvert qui laisse échapper son contenu, ses affaires, ses objets qui ont tous un morceau d'histoire à conter.

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lundi 25 août 2008

Micro trottoir

Cela a-t-il toujours été ?
En tout cas, cela est là : on se pose en observateur au bord de la route. Les motos, surtout, vont et viennent, ralentis par quelques vélos, et sourd et crache un camion, tandis qu'un bus passe, et que les motos lui font escorte.
Et l'on observe ces courants, ce mouvement incessant, et, certainement, les chevilles nous font souffrir et il faut se relever.

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dimanche 24 août 2008

Et pour le dessert ?

Il y a dans cette excursion tant de spontanéité - si difficile à saisir - qu'il convient de commencer par le menu. D'un rendez-vous assez tardif dans l'après-midi, pour quitter la ville par le nord, en suivant la route de Binh Duong, pour se rendre chez la mère de Chi O.. De ce départ ne restent que les vapeurs lourdes des fiouls de camions et de bus, noyés dans la masse d'un embouteillage sempiternel dans ces rues saigonaises minées de trous béants.

Et puis, plus loin, la route qui s'étend, qui fait se rapetisser les bâtiments de chaque côté, jusqu'à les faire presque disparaître, comme cela, au détour d'un ou deux carrefours.
Et puis, la maison enfin, la maison et la mère, toute occupée à vendre les bananes, et le jardin, et les enfants du voisinage qui pépient plus fort qu'une volière.
C'est de cette rapidité-la, ce changement subit du paysage, et de la tranquillité avec laquelle on s'en va cueillir deux ou trois Mang Cau Na.

Au seuil de la maison, la mère se mesure à quelques régimes dont il faut bien se débarrasser.


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