lundi 3 mai 2010

L'aérodyne

D'aucuns disent que cela vient de l'orient. Que les vents là-bas charrient des dragons de papier, et que, de fil en aiguille, ces têtes serpentines ont fini par éclore ici aussi, au gré des couvaisons que les caravanes égrènent.

C'est peut-être cela, parce que ce « cerf» qui prétendument vole, et dont nul ne saurait compter les cors, n'a rien du cervidé. Non, c'est au saurien, plutôt, qu'il faut demander des comptes, parce qu'à tout prendre des routes venues du sud, cette chose volante, appelée «serp volante» évoque davantage des têtes vipérines sur les cieux ombrageux.

Ou bien - c'est un lucanophile qui me l'a dit - non, en fait. Point de venin céleste dans l'histoire, mais un petit coléoptère qui, par ses cornes et ses élytres, trompe le monde au point de lui faire voir un fil attaché à la patte.
Un petit scarabée cerf-volant, vrombissant et bien vivant, qui, si petit soit-il, assume une bien grande métaphore.

Qu'y voir, donc, sur ces berges dégagées, prêtes à l'envol de ces toiles tendues ? Juste les ficelles, celles dévidées et celles du métier ?

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