dimanche 10 mai 2009

Entre les murs

Quatre bâtiments qui délimitent une cour.

Quatre bâtiments, de trois étages chacun, construits pour accueillir des foules de petites têtes brunes, des groupes d’enfants piaillant dans les couloirs, les escaliers, les classes.

Quatre bâtiments où, sentencieux, se sont levés les professeurs pour distribuer bons points et coups de trique, alors que grondait, sourde, la fureur de la guerre au loin.

Quatre bâtiments vidés un jour, comme cela, sur un ordre venu d’on ne sait où, et que l’on a ensuite remplis de cris et de supplices, de rage, de tourments, de désespoir et de mort.

Quatre bâtiments debout toujours, et qui chuchotent encore les plaintes enfuies, les silences si longs qu’ils sont devenus le liant des murs, l’obscurité des coins, les lézardes des marches.

Quatre bâtiments que l’on visite l’âme recroquevillée, en écoutant le passé hurler encore, toujours, à nos oreilles éteintes.

1 commentaire:

Dorian a dit…

Tu t'es une nouvelle fois surpassé, à tous points de vue. Merci, vieux.