lundi 21 juillet 2008

Raffles place

1818, au large de la péninsule malaise. Quatre hommes, groupés sur le château arrière du navire, scrutent la côte qui s'étend à moins d'un mile. L'un deux, Sir Thomas Stamford Bingley Raffles, l'œil collé à sa longue-vue, semble être perdu dans de savants calculs.

- Jetez l'ancre ici. Il se fait tard et nous ne voulons pas risquer de mauvaises rencontres à terre. Il se pourrait que ces damnés Hollandais soient dans les parages, et ils auraient une très bonne occasion de nous envoyer par le fond.
- Oui, Sir ! Le vaisseau est à l'ancre !
- Mmmh, ainsi c'est donc cela, Singa Pura. L'embouchure de la rivière est un endroit idéal pour y mouiller à l'abri des vents et des courants. Nous organiserons une expédition dès demain pour explorer en amont. J'aperçois une colline d'où nous pourrons dominer le littoral. On y acheminera des pièces d'artillerie. On dit de cet endroit qu'il ne dépend pas du Sultan de Johor, aussi je souhaiterais que nous construisions rapidement une place forte, au cas où.
J'ai envoyé une ambassade auprès de la cour du Rajah de Riau. Tant que nous ne faisons que du commerce, nous sommes tranquilles. Mais autant prendre toutes les précautions... John ! John, vous prendrez quinze hommes et partirez le long de la rivière à l'aube. Je veux un rapport sur la topographie, voir si l'on peut installer un campement non loin de la plage, mais à couvert. Prenez garde aux tigres, ils pullulent dans ces contrées. Charles ! Vous m'avez fait part de vos rumeurs sur une possible présence hollandaise. Vérifiez cela. Je ne peux pas souffrir de voir les Bataves entraver nos efforts. Faites appel à Calcutta, si cela s'avère nécessaire. Vous savez que je ne tolérerai aucun marché d'esclaves. Nous avons assez de prisonniers dans nos cales pour abattre la besogne. Allez ! Capitaine ! Dites à notre escorte de faire silence ! Je ne veux pas un bruit, ni en malais, ni en chinois. Qu'on se taise, les salamalecs reprendront bien assez tôt. C'est bon, disposez ! Je rentre dans mes quartiers, ne nous dérangez pas. J'ai bien trop à faire avec ces courriers à faire parvenir a Lord Hastings et au Vicomte Castlereagh. Londres a beau faire la sourde oreille, elle ne manquera pas de se féliciter d'un nouveau comptoir sur la route de Malacca. Messieurs, bonne nuit !

Aucun commentaire: