dimanche 13 janvier 2008

Hostoritarisme

Une collègue de Y., voyant sa santé vaciller et sa toux devenir rauque, s'est rendue à l'hôpital voisin pour déterminer la gravité de son état. État que le service hospitalier idoine a jugé suffisamment sérieux pour lui enjoindre de rester quelques jours alitée, le temps d'ingérer moult pilules et sirops, et de retrouver une belle voix de soprano.
Cela nous a donc permis, Y. et moi-même, de lui rendre visite quotidiennement, pour la distraire, la nourrir, et, accessoirement, pour s'enquérir de son état. C'est qu'à Saigon, on bénéficie d'un système de santé public qui ne prend en charge que la posologie. Ni les repas, ni la lessive, ni, bien sûr, les conditions d'une convalescence dans le calme et la solitude qui sied si bien aux malades en phase terminale. Ah, la douce promiscuité de la maladie ! Les râles et les regards fuyants ! Les civières que l'on fait disparaître derrière d'étranges portes battantes !
Nous n'avons jamais croisé de docteurs lorsque nous étions à son chevet, mais je les soupçonne d'apparaître aux heures non visitables. Ou, peut-être, ont-ils décidé de ne travailler qu'à la mesure de leur salaire. C'est vrai que 800 000 dongs par mois (40 euros), ça vous fait tellement croire à votre serment d'Hippocrate, que vous n'en avez plus que pour les malades et leurs souffrances. Mais allez dire ça au Ministère de la Santé !

1 commentaire:

Marie a dit…

excellente photo! grands espaces froids...Cet hôpital ressemble à une gare un dimanche!