dimanche 7 octobre 2007

A la vie, à la mort

- Ecoute, écoute. Encore une fois, car ce n'est ni la première, ni la dernière. C'est juste l'instant, peut-être, de notre conversation, qui se rattache à ce qui a été dit, à ce qui sera encore à dire... Tu dis la vie, la vie, cette ligne qui doit bien mener quelque part, qui doit bien avoir un but, et tu t'arrêtes parfois, tu mesures le chemin accompli. Tu te retournes pour voir. Tu doutes. Tu ne sais jamais pourquoi, vraiment, tu en es là, et puis tu poursuis. Mais ce que tu sais de toi, tu le sais parce que tu notes une différence, celle qui sépare ce qui était toi hier de ce qui est toi maintenant. Et tu en es satisfait, ou non. Mais tu sais ce temps qui passe et qui t'éloigne ou te rapproche...
- Tatata, tu ne sais rien, tu vis, je vis, et je ne sais pas pourquoi il faut toujours que je me pose toutes ces questions, ce pourquoi je suis heureux, ou non, je suis triste, je me contente de ça, ou non, je suis perpétuellement vide d'une chose que je suis, sans savoir où aller, sans savoir quoi trouver. Et tout ce verbiage autour de ça me rend malade.
- Pourtant...
- Pourtant quoi ? Pourtant on avance, c'est ça ? Mais vers où ? La félicité ? La lucidité ? L'énorme déception qui m'attend si je m'aperçois qu'en fait je n'en saurai pas plus ?
- Juste de savoir qu'on vit de ses propres retours. Juste de se souvenir, de dire c'était moi, là, ou que si je suis ici, c'est pour telle ou telle raison.
- Ouais, on patauge dans la grande mare !
- Patauge si tu veux, et soit tu coules, soit tu gardes pied. Mais ne perd pas de vue ni tes empreintes, ni le tracé qui s'ouvre devant toi.
- Mmmh, l'existence, c'est un radeau sur un océan sans terre...
- Ah, tu vois, quand tu t'y mets ! Tu peux aussi faire des images.
- Foireuses, mes images. Ca n'avance à rien !
- Qu'en sais-tu ? Ca passe le temps, et ça fait des souvenirs, comme "Ecoute, écoute..."

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