samedi 15 septembre 2007

De la proxemie a grande vitesse

D. m'a, il y a bien longtemps, exposé son point de vue sur la proxémie. Discipline anthropologique, la proxémie se penche sur la distance physique qui s'établit entre des personnes prises dans une intéraction. Elle peut donc être subsumée par l'environnement ou cette intéraction a lieu : maison, cinéma, hôpital, tout endroit où communiquent deux, ou plus, interlocuteurs. Là n'est pas mon propos, qui, déviant, s'intéresse davantage aux modulations environnementales où les interactions avec le monde extérieur, celui dans lequel l'intéraction a lieu, ont lieu.
Phrase peu claire. Mon propos non plus, rassurez-vous.
Enfin.
Balade à vélo, aujourd'hui, de la maison, sise non loin de la rivière Ibaraki, vers les montagnes alentour. On s'éloigne du centre de cette petite ville banlieusarde, en suivant les berges qui, de loin en loin, serpentent dans les rizières. Etrange de voir ces champs de verdure s'étendre entre les usines et les maisons. (J'y reviendrai.)
Et puis, sans crier gare, voici l'autoroute. Et voila, donc, que je m'interroge.
C'est que, dans le champs proxémique, la voiture fait figure d'espace clos, exclusif. Ou plutôt, si inclusif qu'il supprime toute considération sur l'environnement immédiatement extérieur à lui. De là, peut-être, le comportement bizarre de l'automobiliste, prêt à commenter ou vitupérer sur ce qui lui est directement proche, et pourtant si loin, puisque d'intéraction il n'y a pas. Ou si peu : visuelle, gestuelle. (Interne, en somme, à l'habitacle.)


Et là, l'autoroute japonaise marque le pas. Déjà qu'une voiture n'invite pas à saisir le monde extérieur, mais ici, le monde est réduit aux murs qui l'isolent. Point de paysage à observer, juste un couloir de bitume à suivre. Réduction proxémique encore. On regarde devant soi. On se tait. On peut, à la rigueur, imaginer s'envoler ailleurs. Mais il vaut mieux connaître la destination.

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