mercredi 25 juillet 2007

Sous l'oeil d'Inari


On trouve toujours cela, cette délimitation d'un espace, afin de marquer le dehors, profane, du dedans, sacré. Aussi loin que remonte la volonté de symboliser cette frontière, on voit des portes, des portails, des arches. Un cadre dans lequel passer pour figurer un passage. Et, si l'on s'en tient à cela, on obtient ainsi, ici, un torii.

Oh, ces portes-là sont partout : au-devant d'un sanctuaire shinto, bien sûr, mais parfois aussi à l'entrée d'un temple bouddhiste, d'une rue, d'un quartier, d'un sentier. Là où, pour on ne sait plus quelle raison, le sacré l'emporte. Attention toutefois, car sitôt avoir pénétré cet espace, vous êtes le jouet des dieux. Lavez-vous, purifiez-vous. Faites amende honorable. Et puis, bien sûr, sortez par le même huis, sinon, ma foi...


Nous en avions faim, donc, de ces portiques-là, quand nous avons décidé de nous sustenter de la façon la plus élémentaire : la gourmandise. Alors, d'un coup de train, Hankyu et puis Keihan, hop, nous sommes descendus à Fushimi-Inari pour y faire une promenade sous l'oeil narquois des kitsune qui, leur museau entrouvert, invitent à plus de consomption. Il faut, passé quelques milliers de ces torii petits ou bien grand, en bois ou bien en pierre, grimper à flanc de colline et, de temps à autre, souffler un peu, observer cette vue que l'on a sur le sud de Kyoto qui rutile en contre-bas, perclus de chaleur sous le soleil de juillet. Et puis vient le moment où le sommet est proche, un dernier petit temple pour y faire offrande, ou tout simplement pour sourire à la belle vie d'une journée douce et calme. Nous sommes dans le sacré, encore un temps, avant de redescendre, évidemment, dans l'urbanité nippone.

2 commentaires:

Séb. a dit…

Salut mon Brice. Je t'imagine parcourir les méandres lourds et humides du natsubate nippon. Ici, ils ont décidé de nous jeter des seaux d'eau sur la poire. On attend l'acalmie, dribble entre les flaques, bêtes et vides de pensée devant ces trombes bibliques. Ca nous fait un drôle d'été. Je viens juste de feuilleter la traduction de la genèse romancée de "je suis un chat" de Soseki, par Taniguchi. Toujours aussi bon.
Bises.

gabriel wathier a dit…

Brice, mon doux, brice, il se fait taire/tard....