jeudi 28 juin 2007

De la bétonneuse


C'est qu'on en fait, des sorties à motocyclette au hasard des quartiers, avec cette préoccupation toute futile de se projeter dans un futur où la ville ne sera plus celle qu'elle est maintenant, avec ses rues défoncées, ces maisons aux façades bigarrées qui se disputent l'alignement approximatif en trottoirs qui n'en sont pas vraiment.
On voit partout des chantiers crever le sol, pour y batir une tour, un métro, un tunnel, et tout est provisoire. Il y aura un après, oui, mais qu'en sera-t-il ? Ho Chi Minh-ville ressemblera peut-être à ces villes chinoises qui n'en peuvent plus de pousser, encerclées qu'elles sont de ces autoroutes urbaines où l'on se bat à coup de klaxon, serties de buildings scintillants sous un soleil toujours voilé. Projection dans ce futur car, année apres année, on constate cette velléité de casser pour refaire en mieux, le mieux étant cette expression toute superficielle du net, du net bétonné, du net en verre ou en inox, enfin, du passé faisont table rase. Et, d'ailleurs, on rase gratis, pour peu qu'il y ait mieux à refaire.
Interrogation toute vide d'intérêt, somme toute, car c'est dans le jeu du retour par intermittence que l'on peut saisir à quel point les choses urbaines changent. Ici Saigon, plus loin Osaka ou bien Lyon, c'est une succession de surprises, mais, passé le temps de l'étonnement, voila une strate de plus dans l'existence d'une ville, et de son observateur, qui s'oublie, recouverte à présent, à recouvrir encore.


Alors on continue la balade, d'une ville à l'autre, la même ou bien une autre, dans ce ressac permanent qu'est la vie mi-sédentaire mi-nomade qui est la nôtre.

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