vendredi 8 juin 2007

Du cote d'An Phu

C'est le soir, quand le trafic s'étiole un peu, et qu'on peut traverser la rivière sans trop attendre.
S. nous a prévenu, c'est un peu en dehors de la ville, là où les maisons se font plus éparses, là aussi où l'on construit maintenant des tours d'habitations qui s'érigent en groupes de quatre ou six, parfois davantage, au gré des finances des promoteurs.
On tatonne un peu, le long de ces rues nouvelles éclairées ça et là, et puis on finit par tomber sur l'édifice. Une dizaine d'étages, la plupart éteints parce qu'encore inoccupés.
On descend la rampe qui mene au garage pour y parquer la motocyclette, sous l'oeil torve d'un jeune gardien qui s'intéresse manifestement plus au score d'un match de foot, sur l'écran de sa petite télé posée sur une chaise dans un coin du sous-sol.
Et puis on tatonne encore, pour trouver un escalier ou un ascenseur. Ce n'est pas facile. Les architectes ont dû penser que, peut-etre, il fallait faire un jeu de la recherche d'un hall d'immeuble.
On trouve à la voix, celle d'un autre gardien qui, lorsqu'il nous voit, se dresse et nous demande une patente, que nous n'avons pas. Nous avons mieux : une incompréhension feinte, un air abruti, et une patience à toute épreuve devant ce genre de chose.
Lui a des épaules qui finissent par se hausser d'elles-mêmes, et nous nous engouffrons dans un ascenseur, pour, enfin, parvenir sur le palier de S., qui nous ouvre, toute transpirante de sa journée enfin terminée.
Il fait chaud. Le dixième étage n'arrange pas les choses, mais nous prenons le chemin de la terrasse - quel confort !- pour nous rafraîchir sous une brise imaginaire autant qu'imaginée. Cela fait du bien. On sourcille un peu devant l'étrangeté de la situation : être dans un appartement, au Vietnam, cela relève encore de l'extraordinaire. Cela va changer. S. nous raconte. Les occupants sont pour la plupart des victimes d'expropriations qui ont bénéficié de conditions d'achats préférentielles. On passe sur les conditions d'expropriations.
Le bâtiment est sain, mais on ne sait jamais pour combien de temps. On profite de la soirée, on évoque toutes sortes de souvenirs. On laisse à la nuit le soin de nous faire oublier l'heure.
Il est tard et nous rentrerons plus tard encore.

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