mercredi 6 juillet 2016

Un bloc de tours sur un bloc de rochers

On en compte plus des visiteurs romantiques de renom qui passèrent entre ces murs : de Jean-Jacques Rousseau à Victor Hugo en passant par Alexandre Dumas, Gustave Flaubert et Lord Byron, la liste est longue, et les traces manuscrites nombreuses. On peut ainsi se prendre à imaginer les pierres murmurer leur souvenirs, et les menuiseries chuchoter à nos oreilles leurs secrets d’alcôve. 

Le château fort de Chillon

Une place forte pareille, nul doute qu'elle aiguise des appétits ! Entre les Comtes de Savoie qui en profitèrent pour lever toutes sortes de taxes sur les baillis alentours, puis les Bernois qui conquirent le château par la force, pour enfin le céder aux Vaudois du cru, l'endroit connut bien des périodes, fastes ou maigres, heureuses ou tragiques. Les murs en gardent la marque, et ce dans de nombreuses pièces.

Castrum Quilonis

Au carrefour des routes vers l’Italie, la plaine du Rhône et la côte vaudoise qui mène à l'Allemagne et la France, se trouve une énorme pierre plate qui émerge à quelque mètres du rivage, dans les eaux calmes du lac.
C'est sur cette plate forme rocheuse que l'on bâtit une première forteresse, d'abord en bois, puis en maçonnerie, pour contrôler les accès et lever un péage. Cette construction s'agrandira au fil des siècles, pour devenir le château que l'on connaît aujourd'hui...

Étape lausannoise

Il ne fallait pas être grand stratège pour se décider à l’édification d'un camp retranché sur ces rives escarpées du lac. Après tout, des Celtes s’étaient installés dans les parages quelques siècles auparavant, et, s'ils eurent maille à partir et subirent un ou deux revers lors des invasions saisonnières venues de l'est, ils vécurent tout de même en paix avant la conquête romaine, et profitèrent du lac, de ce paysage alpestre, et de ces routes bien pratiques pour fuir ou s’établir.
Par la suite - sous l'empire de Rome, et après sa chute - le fort devint bourg qui devint cité qui devint ville, au gré des soubresauts de l'histoire de la Savoie, dont les régisseurs firent bouger les lignes au fur et à mesure des disputes royales, qui avaient toutes pour objet la priorité de l’accès aux routes transalpines et, bien sûr, aux eaux du lac.
Au lendemain du Schisme - encore un événement chargé de massacres et de dispersements -  l'accueil de nombreux Huguenots venus de la France voisine renforça les liens commerciaux et religieux avec les autres cantons du pays naissant, et Lausanne se développa pour devenir un riche centre de négoce et d'influence politique. On y appréciait aussi ce paysage unique sur ce lac, et sur la ligne de crête des massifs alpins à l'horizon.
L’époque moderne, elle, couronna la métropole d'une dotation olympique permanente. Par atavisme - ou jalousie, on ne saurait dire - toutes les présidences des fédérations sportives du monde entier voulurent alors en être aussi, et aménagèrent leur quartier généraux sur la colline. Avec une vue sur le lac.
À en parcourir quelques rues aujourd'hui, on ne peut qu’être émerveillé devant la beauté du cadre et l'opulente tranquillité du lieu.

La vue sur le lac est, sans commune mesure, absolument magnifique.

mardi 5 juillet 2016

Le déclin d'un jour de voyage

Depuis ce point de vue, la vallée s’étend à nos pieds. Les derniers feux du crépuscule peignent le ciel d'un orange pâle que le bleu de la nuit va contenir tout entier. En contrebas, tout est déjà obscur, mais les lumières éparses de la ville scintillent au loin faiblement. Les montagnes épaulent ce panorama, noires silhouettes découpées sur l'horizon.
On hume l'air du soir. 
Il fait frais et sec. 
Le sommeil, tout à l'heure, tombera comme une chape de plume...  

mardi 26 avril 2016

Ce qu'offre la ville

Cette troisième composition est une récupération d'un travail plus ancien, mais pourquoi donc ne pas en profiter ? 
Recyclons, renouvelons !

100's : Prolégomènes

Et puisque les règles sont posées, eh bien, poursuivons le jeu :
D'un élément apparaissant dans l’environnement immédiat, tentons d'en saisir cent occurrences, puis, à partir de cette matière photographique, réorganisons-la à notre guise pour aboutir à une image et une seule - un collage, une mosaïque.

Et, pour épicer la partie, fixons, pour chacun des tableaux ainsi composés, une contrainte, formelle, temporelle, ou géographique.

Deux pièces ont déjà été réalisées suivant cette recette, et .

Il y en a une centaine à faire, si le temps nous le permet...

lundi 25 avril 2016

Old Peak Road

Les voies deviennent de plus en plus sinueuses à mesure que l'on progresse, et la pente plus raide. Sur Conduit et Hornsey Roads, la marche est souvent interrompue par ces portails cloisonnants les résidences les plus huppées de l’île. Un peu plus haut, enfin, le chemin devient piéton et, aussi, plus escarpé encore. C'est la vieille route du Pic, qui, sous les pluies de la mousson, se révèle plus ardue qu'à l’accoutumée. 
Qu'importe, montons, on verra les nuages d'un peu plus près !

dimanche 13 mars 2016

Une compilation à Chợ Lớn

Cette idée-là me trottait dans la tête depuis si longtemps...
Et, toujours lors de mes visites dans ce marché, à regarder ces tableaux de bois peints du nom des étals, et voyant la foule des clients, visiteurs, et des portefaix encombrer les allées si étroites, je me disais - à raison - que la tâche était impossible.
Comment, en effet, installer un escabeau dans ces travées-là, au beau milieu d'un trafic incessant, et demander, discrètement, innocemment, la possibilité de photographier ces panneaux mal éclairés ? Non, décidément, cela relevait du fantasme.
Jusqu’à ce que... Jusqu’à ce que mon petit frère, venu me voir à Saigon pour les fêtes du nouvel-an vietnamien, me dise ingénument : « Suis allé voir le marché Bến Thành, et bien, c'est moins intéressant ces jours-ci. Tout ferme, on ne peut même pas y faire emplette ! »
Là fut le déclic ! Mais bien sûr ! L'interruption du Têt ! Le seul moment dans l’année où tout s’arrête, et où ce marché-là, de ruche, devient désert.
Dont acte et visite immédiate de Bình Tây. Stupeur ! L'endroit est encore accessible, me dit-on, et la lumière, parfois, encore allumée, aujourd'hui et demain matin. Après, on ferme pour la semaine.
Ni une, ni deux, cherchons un point d'appui, n'importe quoi qui puisse nous donner de la hauteur. Oh, mais les marchands, là, ont abandonné leur haut tabouret sans attache ! Trimbalons-le, alors, dans toutes les travées, du rez-de-chaussée à l’étage, et prenons en photo, enfin, ces enseignes si convoitées !

samedi 13 février 2016

Les ombres séparables

Cage à oiseau, comme à l’accoutumée, accrochée à la devanture.

vendredi 12 février 2016

Au large !

Voilà une bien étrange marina, située un peu au sud de la ville. 
Y mouillent toutes sortes d’embarcations, du canot au trois-mâts, et, allant et venant au dessus des eaux, un télécabine bien au sec (qui, dans ce cas de figure, n'est donc pas une remontée mécanique... Un plan mécanique peut-être ?). 
Les îles sont ainsi accessibles, et la baie accueille ainsi plongeurs, baigneurs, golfeurs, parachutistes, véliplanchistes, surfeurs, et, bien sûr, tous les enfants joueurs ! 

jeudi 11 février 2016

Nhà thờ chính tòa Kitô Vua

Ah, ces missionnaires alors ! 
Il faut toujours que, sitôt débarqués quelque part où il y a un semblant de monde, ils se mettent à découper le paysage pour en faire des paroisses. Et, pour bien marquer le coup, ils font appel à toutes les ouailles fraîchement converties des alentours afin d’ériger - si possible au sommet d'une butte ou d'une colline - une église à la gloire du Seigneur. 
À Nha Trang, ça n'a pas raté : dès 1928, on pose la première pierre de la cathédrale, que l'on veut ériger en style néo-gothique. Alors on maçonne, on édifie, on sculpte, on passe commande de vitraux, de cierges, de tabernacles, et, à la pâque 1930, on consacre le tout. 
Ce sera la Cathédrale du Christ-Roi, mère du diocèse de la cité. 

mardi 9 février 2016

Le long de l'avenue Trần Phú

Si les Français considérèrent, lors de la conquête indochinoise, le hameau appelé Nha Trang Hải môn comme capitale de facto de la province de Khánh Hòa, il fallut attendre tout de même 1937 pour que cette bourgade, dotée d'une commanderie, d'un bureau de poste, d'une chambre de commerce et de quelques marchés, devienne une ville à part entière. 
Par la suite, et sous les soubresauts de l'histoire de la seconde moitie du XXe siècle, Nha Trang vit son statut préfectoral changer au fil des découpages administratifs du pays, mais gagna une influence toujours plus importante sur les affaires maritimes de la moitié méridionale de la côte vietnamienne. Et, aujourd'hui, il suffit de se promener sur le front de mer pour constater l’attractivité de cette cité balnéaire, pourvue de toutes les enseignes hôtelières internationales.

dimanche 1 novembre 2015

jeudi 29 octobre 2015

Un satellite bien à nous

D’après le calendrier, elle était pleine il y a deux jours, et va progressivement perdre ses quartiers. Cette déperdition périphérique lui confère un aspect rugueux, granuleux. 
Regardons-la cette nuit, elle et ses océans de cratères profonds...

Cycles naturels

La lumière rasante de cette fin d’après-midi projette ses rayons sur le jardin. Toutes les plantes s'y abreuvent encore, avant de synthétiser de la matière à l’obscurité de la nuit prochaine. 

mardi 6 octobre 2015

Limitless sprawl

C'est une plaine urbaine, ou une ville étalée sans véritables limites, entre Shenzhen et Guangzhou, dans le bassin de la rivière des perles. On y trouve toutes sortes d'industries manufacturières groupés en parcs d'usines, entourés de quartiers résidentiels et commerciaux. Il n'y a ni centre, ni périphérie, mais un continuum de districts qui occupent toute la surface de cette province. 
Lieu étrange, semble-t-il hors sol.

mardi 4 août 2015

Au bleu profond du ciel

Les couleurs de Hội An sont, sous le soleil, si vives qu'elles éblouissent. Il y a ce jaune doré, ce rouge carmin, ce vert végétal, ces teintes sombres des bois brûlés, et toute la palette des stèles et des statues. 
Et puis, le soir venu, tout s'estompe d'un coup. Quelques lanternes réverbèrent les pigments diurnes, mais cela ne brille que peu.
Le ciel de la fin du jour alors prend le relais, et projette ses bleus crépusculaires avant de peindre tout en noir.